L’Association Suisse des Microfermes est née d’un besoin de reconnaissance et d’accès aux ressources pour ces structures agricoles à petite échelle encore trop peu prises au sérieux. Elle veut défendre leurs intérêts et propose, entre autres activités, un soutien technique entre praticien·nes.

Si les microfermes ne sont pas des exploitations agricoles géantes, leur taille modeste n’est pas le critère principal les définissant. Mais elles partagent plusieurs caractéristiques communes: peu de mécanisation, beaucoup de travail manuel, recherche d’autonomie, commercialisation en circuit court, ancrage social et local… et des valeurs éthiques et environnementales portées par des personnes passionnées. Les microfermes passent souvent sous le radar, hors des systèmes et des relevés officiels. Leur mouvement a pris de l’ampleur en Suisse romande, et des pionniers ont même lancé une formation de praticien·ne en microferme aujourd’hui reconnue et supervisée par Agrilogie, le centre vaudois de formation professionnelle des métiers de la terre.
Confiance et coopération: ensemble plus forts
Avec cet élan est née l’Association Suisse des Microfermes (ASM) qui souhaite valoriser et soutenir cette agriculture à taille humaine. Elle s’efforce de donner un poids aux microfermes dans le paysage agricole suisse en tant qu’organe de référence. Elle s’attelle à différentes tâches pour la mise en réseau, la recherche scientifique, la promotion, le soutien technique et la labellisation. L’ASM chapeau-te en effet le label terredurable qui garantit la transparence des modes de production et de commercialisation des microfermes. Peu connues, les microfermes manquent de soutien et de ressources, que ce soit pour le partage d’informations, de connaissances techniques, voire d’outils. D’où la création d’une journée technique spécifique aux microfermes ou encore d’un espace de rencontres et d’échanges: pour faire des commandes groupées, prêter du matériel, ou encore faire circuler les savoir-faire. Ainsi, on peut apprendre des pratiques et des expériences d’autres microfermes en travaillant dans d’autres champs. Mobiliser du temps en pleine saison est difficile et un système d’échange de personnel entre deux microfermes est proposé: chacune envoie une personne chez l’autre, le même jour ou en différé, si bien qu’aucune ne souffre de sous-effectif.
Soutien technique
L’ASM a également mis en place un projet de conseils techniques entre pairs. Si une microferme a des questions sur un sujet pour lequel une personne du réseau possède de l’expérience, elle peut demander son expertise. Voici deux exemples concrets de soutiens techniques déjà dispensés dans ce cadre. Une microferme qui démarrait voulait bien dimensionner son système d’irrigation. Elle a fait appel à un membre qui a analysé les plans, confronté ce qu’ils avaient prévu et conseillé concrètement sur le type de matériel. Une autre microferme se posait des questions sur la gestion de l’exploitation avec deux patrons et du personnel. Les aspects humains sont tout aussi primordiaux que les aspects techniques et méritent de l’attention. Lorsqu’une microferme demande du soutien, c’est l’association (et non la microferme demandeuse) qui verse un défraiement de 30 francs par heure à l’intervenant ·e. Cela valorise cette précieuse transmission de connaissances, tout en compensant le temps que la personne ne peut pas consacrer à sa propre microferme.
L’intelligence collective est un puissant levier pour consolider une agriculture innovante. L’Association Suisse des Microfermes renforce la résilience de ces structures résolument tournées vers l’avenir en mutualisant les ressources techniques et humaines.
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