Les prestations du service civil sont indispensables, notamment dans les établissements médico-sociaux, les hôpitaux, les écoles, la protection de la nature ainsi que dans l’agriculture et l’économie alpestre. C’est ce qu’a exposé l’alliance du NON à la Loi sur le service civil lors de sa conférence de presse de lancement de campagne. Le durcissement des conditions d’accès au service civil entraînerait une réduction massive de ces prestations, alors qu’elles sont plus que nécessaires. Nous ne devons pas décourager les jeunes de s’engager pour la collectivité.

La sécurité, c’est aussi la protection de notre environnement
Réunie au Centre de presse du Palais fédéral à Berne, l’alliance du NON à la loi sur le service civil a officiellement lancé sa campagne ce matin. Les Jeunes Vert·e·x·s Suisse, qui ont co-lancé le référendum, ont ouvert la conférence. «Avec cette loi, le Conseil fédéral et le Parlement punissent les jeunes qui souhaitent s’engager pour leur pays au travers d’un service profondément utile à la population. Nous avons affaire à une politique rétrograde qui ignore les besoins de la jeunesse et de la société civile. Il faut cesser de vouloir dissuader les jeunes de s’engager pour la collectivité.» a affirmé Sheldon Masseraz, co-président des Jeunes Vert·e·x·s. Priska-Seiler Graf, co-présidente de CIVIVA et conseillère nationale socialiste, a expliqué que les mesures prévues ne feront qu’affaiblir le service civil, mais ne renforceront en aucun cas l’armée : «Le service civil ne constitue pas une menace pour l’armée, mais un complément utile à notre politique de sécurité.»
La conseillère nationale verte Clarence Chollet, également co-présidente de CIVIVA, a clairement souligné l’importance du service civil pour la sécurité du pays : «la sécurité, c’est aussi – et peut-être avant tout – la protection de notre environnement, de notre santé et de notre société. Et c’est précisément là que le service civil joue un rôle essentiel. Chaque jour, les civilistes s’engagent concrètement : dans la protection de la nature, dans l’agriculture durable, dans le soutien aux personnes âgées ou vulnérables, dans la gestion des catastrophes. Ils renforcent la résilience de notre pays face aux crises actuelles et à venir.»
Le service civil dans l’agriculture n’est pas une partie de plaisir
Donat Capaul, agriculteur bio et membre du comité de l’association suisse des petits paysans, a rappelé le soutien important qu’apportent les civilistes dans les exploitations agricoles et pour le maintien de la biodiversité. Donat Capaul réfute par ailleurs l’idée selon laquelle le service civil serait une solution de facilité: «L’argument selon lequel les recrues passeraient du service militaire au service civil par commodité ne tient pas la route. Lors d’une affection dans l’agriculture, par exemple, les civilistes travaillent en plein air et par tous les temps, qu’il pleuve ou qu’il fasse extrêmement chaud. Ce n’est pas une partie de plaisir et ceux qui font ce choix le font clairement pour d’autres raisons que la facilité.»
Les modifications sont inutiles
Tout comme dans l’agriculture, les civilistes sont irremplaçables dans les domaines des soins, du social et de l’éducation. Patrick Hässig, Conseiller national Vert’libéral et infirmier diplômé, rejette donc catégoriquement ce projet: «Quiconque affaiblit le service civil en période de pénurie de personnel soignant n’a pas compris le problème. Les modifications de la loi sur le service civil sont non seulement inutiles, mais aussi contre-productives et dangereuses. Qui veut délibérément détériorer un système qui fonctionne n’agit pas de manière stratégique, mais par négligence.»
Rayyân Rehouma, secrétaire politique du GSsA, a déclaré que le service civil est un acquis pacifiste dont le démantèlement reviendrait à restreindre considérablement le droit à la liberté de conscience et de croyance. Rayyân Rehouma connaît bien la situation des soldats voulant quitter l’armée pour accomplir un service civil: «Au travers de notre service de conseils aux soldats, nous entendons de nombreux témoignages de jeunes ayant commencé leur école de recrues et beaucoup nous expliquent y avoir vécu des violences ou du harcèlement. Avec ces 6 mesures, cette loi s’attaque directement à ces jeunes recrues qui ont fait l’expérience de l’armée, qui ont laissé une chance à cette institution, mais que l’armée a dégoûtée ou traumatisée. Le service civil leur offre la possibilité de participer au fonctionnement quotidien de la société, plutôt que de se préparer à la guerre.»
Référendum d’une alliance large alliance
Le référendum a été lancé pour stopper une loi visant une baisse de 40% du nombre d’admissions au service civil. Or, les personnes effectuant leur service civil interviennent là où les ressources en personnel manquent déjà: dans les EMS, les hôpitaux, les écoles, ainsi que dans la protection de la nature et l’agriculture. Les six mesures de la loi affaiblissent considérablement cet engagement précieux.
De plus, cette loi affaiblit la sécurité de la Suisse. Le service civil est un vrai atout pour la sécurité de notre pays. Cela s’est vérifié lors de la pandémie de coronavirus et dans le cadre de l’accueil des réfugiés ukrainiens après l’attaque de la Russie. Le durcissement des conditions fait que moins de jeunes accomplissent un service utile pour la Suisse.
Enfin, ces restrictions sont discriminatoires: les jeunes qui, pour des raisons de conscience, refusent le service militaire, voient ce droit constitutionnel être attaqué. Cela porte non seulement atteinte à la liberté de conscience, mais dévalorise également le service civil aux yeux de la société.
Le référendum a été lancé par les Jeunes Vert·e·x·s Suisse et CIVIVA à l’automne 2025. Il est soutenu par une large alliance, composée de plus de 30 organisations, dont les VERT·E·S suisses, le PS Suisse, le GSsA, l’Association suisse des petits paysans, le PEV, les Verts libéraux, mais aussi des nombreuses ONGs (KiBe Suisse, SWO, Insieme, Uniterre, Croix bleue) et établissements d’affectation.