OPINION // La tradition paysanne séculaire de sélection et d’élevage a créé une diversité d’espèces adaptées aux conditions locales. Aujourd’hui, quelques grandes entreprises dominent le marché, réduisant la base génétique de notre alimentation et augmentant les dépendances. Une sélection de variétés et de races large et robuste reste néanmoins la meilleure garantie d’un système alimentaire plus résilient.

Des siècles durant, la base de notre alimentation était entre les mains des paysannes et des paysans. Les semences étaient transmises, adaptées et conservées soigneusement, les races animales étaient locales et adaptées au site. Les plantes et les animaux étaient diversifiés et adaptés au sol, au climat et aux personnes.
Aujourd’hui, seules quelques entreprises de production de semences et d’élevage décident des plantes à cultiver et des races à élever, et par conséquent de ce qui se retrouve dans nos assiettes. La monopolisation de l’élevage et son orientation vers le marché ont réduit la diversité et l’évolution des tendances de consommation l’a renforcée. Les variétés et races à haut rendement, gourmandes en ressources, dominent le marché. La base génétique de notre alimentation se rétrécit et les dépendances augmentent.
La diversité est notre meilleure assurance pour l’avenir, comme le montre la présente édition. Plus les bases génétiques sont vastes et solides, plus notre système alimentaire est résistant et autonome. La diversité des espèces et des races garantit des rendements, sans que les paysan·nes ne dépendent des grandes entreprises, des brevets ou de moyens de production coûteux.
Pour préserver cette base vitale, il faut des organisations qui collectent et conservent les espèces et des paysan·nes engagé·es et expérimenté·es qui les cultivent et les élèvent. Nos exemples pratiques le montrent: cela n’est pas toujours simple, mais possible et tout à fait rentable. Dans une agriculture paysanne, où les variétés de plantes robustes et les races animales locales ont une place établie, la diversité se maintient. C’est pour cela que nous nous engageons.
Nous vous remercions vivement de votre soutien!

Kilian Baumann, paysan bio, conseiller national et
président de l’Association des petits paysans