Small is beautiful. Pour une suisse sans fabriques d’animaux ni usines agricoles

Dans le cadre de la procédure de consultation sur le paquet d’ordonnances agricoles 2018 et de la vue d’ensemble du développement de la politique agricole (PA22+) du Conseil fédéral, l’Association des petits paysans (VKMB) et la Protection Suisse des Animaux PSA s’opposent fermement au changement structurel rapide de l’agriculture voulu par le gouvernement du pays. La VKMB et la PSA exigent un meilleur soutien pour les fermes – peu importe leur taille – diversifiées, respectueuses de l’environnement et des animaux, ainsi que le contrôle et la limitation des effectifs maximums autorisés.

Le rapport sur l’agriculture mondiale sur le commerce et l’environnement de la CNUCED, les objectifs de développement durable de l’ONU tout comme de nombreuses autres expertises montrent comment, du fait de l’industrialisation agraire croissante, l’agriculture est poussée en direction de l’autodestruction. Au plan mondial, les fabriques d’animaux poussent comme des champignons. Les excédents sont jetés sur le marché mondial à des prix de dumping et concurrencent les paysans des pays importateurs. Dans le tableau général qu’il dresse, le Conseil fédéral entend accélérer cette évolution dans notre pays également, sur la base de différents scénarios d’ouverture des frontières, ce qui entraînerait une nouvelle vague d’industrialisation de l’agriculture et une « mort accélérée » des paysans.

Chaque année, 1000 fermes en moins

Aujourd’hui déjà, les conséquences d’une politique agricole suisse qui a échoué et de la pression sur les prix du marché sont alarmantes. Malgré une demande des denrées alimentaires en hausse – en raison de l’immigration – d’environ 15%, chaque jour disparaissent en Suisse près de trois exploitations agricoles alors que, simultanément, des stabulations toujours plus grandes sont construites et des animaux de rente sont poussés à fournir des prestations toujours supérieures. Cette évolution est ressentie négativement dans de larges pans de la population, qui voit là une tendance à la détention en masse des animaux. C’est là le point sensible. Pour garantir le bien-être et la santé des animaux de rente, la tâche s’avère de plus en plus difficile, compte tenu des prestations croissantes demandées à chaque animal et de l’augmentation de la taille des troupeaux. C’est ainsi que de grosses exploitations n’accordent, proportionnellement, que peu de sorties en aires à climat extérieur et en prairie, et la relation entre l’homme et l’animal est de plus en plus remplacée par des instruments techniques et des capteurs de mesure.

Evolution aberrante

La VKMB et la PSA mettent en garde contre cette dérive dangereuse qui se fait au détriment des agriculteurs, de l’environnement, des animaux et de la qualité des denrées alimentaires. Elles exigent par conséquent du commerce des prix plus équitables pour les producteurs. En Suisse aussi, il n’est pas rare que ces prix ne couvrent même pas les frais de production. La situation partiellement problématique des paysans au plan des revenus, et la large méconnaissance des consommateurs en ce qui concerne les conditions de production dans le terrain et dans les étables, sont les deux revers de la même médaille. Il y a un rapport direct entre notre comportement de consommateurs et le bien-être des animaux. Une attitude d’acheteur fondée sur l’adage « l’avarice n’est pas un vice » contraint vraiment des paysans à opter pour l’élevage intensif, les fabriques d’animaux, l’utilisation de pesticides et d’anti-biotiques. Des produits de fermes proches de la nature et respectueuses des animaux ne peuvent être obtenus à des prix défiant toute concurrence.

Le Conseil fédéral et le Parlement devront aussi s’occuper de l’élevage intensif, qui implique une très haute productivité des animaux pour une production à bon marché. La conseillère nationale Irène Kälin (Les Verts) exige dans une interpellation (18.3204, Interpellation: Pas d’élevage intensif en Suisse) des réponses sur ce sujet.

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