Pour des prix équitables plutôt que des actions alibi

Après les protestations dans plusieurs pays européens, un mouvement de contestation se forme aussi en Suisse, qui adresse toutefois ses revendications avant tout au commerce. L’Association des petits paysans soutient ces revendications, notamment l’augmentation des prix aux producteur·trices, la transparence des prix et une marge partagée. Pour une agriculture durable, il faut plus d’équité dans la chaîne de création de valeur et une politique agricole et alimentaire globale.

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Les paysannes et paysans de toute l’Europe luttent contre la pression sur les prix, les exigences croissantes et les effets de la crise climatique. Avec son industrialisation croissante, l’agriculture conventionnelle s’est retrouvée dans une impasse. Les investissements pour améliorer l’efficacité technique ont bien apporté des bénéfices à court terme, mais à long terme une baisse des prix et des dettes, et donc la disparition de trop nombreuses exploitations paysannes. Dans le même temps, cette évolution a causé de graves dommages aux ressources naturelles et entraîné la destruction des bases de production de l’agriculture. La frustration de nombreux agriculteurs est donc compréhensible. Continuer comme avant n’est pas une solution. Nous demandons de combattre les causes à la racine avec plus de transparence dans la formation des prix.

Pour un marché équitable et des marges partagées
L’Association des petits paysans soutient le mouvement « Révolte agricole Suisse » et ses revendications pour un marché équitable et des marges partagées entre les producteur·trices et les distributeurs[1].  Ce qui nous importe, c’est qu’un revenu équitable pour les paysannes et paysans et une agriculture qui protège le climat et la biodiversité ne sont pas contradictoires. Les deux sont indispensables si nous voulons préserver la production alimentaire à long terme. Il faut s’éloigner de la politique agricole actuelle du « petit pansement » et adopter une politique agricole et alimentaire globale et écologique. Cela passe aussi par une politique de prix équitables. Une telle agriculture offre de réelles perspectives et est bien armée pour relever les défis futurs.

Pétition pour la galerie
En revanche, la pétition de l’Union suisse des paysans est surtout un alibi afin de garder le contrôle sur les contestations[2]. L’USP doit enfin défendre les intérêts de nous autres paysannes et paysans et arrêter d’emboîter le pas aux multinationales. Elle doit donc mettre fin à son alliance avec les associations économiques. Il faut enfin cesser les intrications entre les politiciens paysans et les multinationales (agricoles). C’est la seule façon de stopper la mort des exploitations et de mettre enfin en place une agriculture tournée vers l’avenir. Nous considérons actuellement que l’USP fait partie de la cause et non de la solution aux problèmes de l’agriculture.

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